Permettez-moi de vous présenter Miranda, elle jouera un rôle de premier plan dans la mise en œuvre de notre ambitieux programme Greenspeakers Grow, tirant parti d’une expérience riche et variée qui fait d’elle la personne idéale pour ce rôle!

Sa passion pour l’éducation est née au cours de sept années passées en tant qu’éducatrice environnementale en plein air, un enthousiasme qu’elle continue de partager à travers des conférences et des prises de parole publiques. Elle a travaillé pour Environmental Defence, le Climate Action Network, la Toronto and Region Conservation Authority et Ontario Nature. Elle a également cofondé le Community Climate Council, un organisme à but non lucratif qui fait la promotion de la littératie climatique et de l’engagement civique dans la région du Grand Toronto.

Dans cette conversation avec Jackie Gallagher, directrice du Fonds d’éducation Greenpeace Canada, Miranda nous explique ce qui l’a attirée vers l’environnementalisme, comment l’éducation peut amener les jeunes à passer de l’inquiétude à l’action, et la manière dont elle entend développer le programme Greenspeakers.

Miranda : Je me considère chanceuse d’avoir été élevée en contact étroit avec la nature dès mon plus jeune âge, que ce soit en dansant autour d’un feu de camp au chalet, en jardinant avec ma famille ou en regardant l’émission National Geographic Kids. C’est en entendant mes parents parler de la nature en Guyane, où ma mère et mon père ont grandi, que j’ai commencé à être fascinée par la biodiversité et à vouloir la protéger.

Miranda Baksh Niagara Ontario Hiking
Miranda Baksh randonnée à Niagara, en Ontario

Plus tard, lorsque j’étais au secondaire, je me souviens d’avoir ressenti un fort sentiment d’injustice lors de la marée noire provoquée par BP. Je me rappelle avoir pleuré en regardant les nouvelles en pensant aux animaux prisonniers des nappes de pétrole. Je voulais aider, mais je ne pouvais que rester assise à regarder, impuissante, l’écran de la télévision.

Vers la même époque, j’ai suivi un cours de sciences environnementales, où j’ai appris que l’environnement ne se résume pas à la nature extérieure. J’ai sensibilisé mon école au fait que le laurylsulfate de sodium, que l’on trouve dans le shampooing, peut provoquer des cataractes et d’autres problèmes de santé. J’ai réalisé que le terme « environnementalisme » regroupe en fait un large éventail d’enjeux fortement interdépendants.

Miranda : J’ai pu constater personnellement l’influence exercée par des entités puissantes pour contrôler le discours sur les changements climatiques et entraver l’action en faveur du climat. Par exemple, j’ai appris que l’industrie pétrolière et gazière a contribué à façonner les programmes scolaires au Canada, ce qui est profondément choquant. Il est plus nécessaire que jamais, surtout à l’ère de la désinformation et de l’intelligence artificielle, de veiller à ce que les jeunes bénéficient d’une éducation de qualité en matière d’environnement et d’action climatique.

Miranda : Le programme est animé à 100 % par des bénévoles depuis plusieurs années, un effort extraordinaire qui a inspiré des milliers d’élèves en cours de route. Les personnes bénévoles sont formées sur divers sujets et invitées dans les salles de classe, où elles sensibilisent les enfants aux enjeux environnementaux et aux solutions nécessaires afin de protéger la planète aujourd’hui et pour les générations futures. Cela leur arrive également d’enseigner dans des auditoriums ou d’organiser des ateliers dans des gymnases.

Miranda Baksh as a guest speaker increasing climate literacy for elementary school students
Miranda Baksh as a guest speaker, increasing climate literacy for elementary school students

Miranda : Les enseignants et enseignantes manquent de soutiens tangibles pour introduire l’action climatique ou l’environnementalisme dans leurs cours. J’espère que nous pourrons leur proposer des outils ou des ressources en ligne qui leur faciliteront la tâche. Par exemple, cela pourrait signifier les aider à organiser une activité d’observation des oiseaux pendant la récréation, ou à animer un café climatique dans leur classe.

J’espère également créer des infolettres à l’intention du personnel enseignant et des parents, avec des idées d’artisanat environnemental ou des conseils et des astuces pour parler des changements climatiques aux enfants.

Par ailleurs, l’expansion du programme Greenspeakers à l’échelle nationale est une occasion formidable, car notre équipe est principalement basée en Ontario à l’heure actuelle. J’ai vraiment hâte de renforcer notre engagement auprès de la communauté francophone, car il y a une forte demande de la part du Québec et aussi beaucoup d’intérêt sur la côte ouest du Canada.

Miranda : Nous leur donnons de l’espoir, par exemple, en présentant des personnes impliquées dans les campagnes de Greenpeace qui peuvent partager des histoires puissantes qui démontrent que l’engagement et la mobilisation font vraiment une différence.

Même si ces jeunes personnes n’ont pas l’âge de voter, elles peuvent faire beaucoup de choses : sensibiliser leur famille et leur entourage, créer des œuvres d’art et apprendre à connaître la terre sur laquelle elles vivent, ainsi que la manière d’en prendre soin.

Le savoir est une forme importante de pouvoir, et lorsque les élèves disposent des connaissances nécessaires pour comprendre ce qui se passe et éviter de tomber dans le piège de la désinformation, cela peut véritablement changer leur vie et leur permettre d’agir concrètement en faveur de la planète.

Miranda : Nous sommes toujours à la recherche de bénévoles. Qu’il s’agisse d’élèves du secondaire souhaitant effectuer des heures de bénévolat ou de personnes désireuses d’acquérir une expérience dans le domaine de l’éducation ou de l’environnement, il s’agit d’une excellente occasion de s’impliquer.

Nos bénévoles sont des personnes merveilleuses. Je crois que si vous avez l’environnement à cœur, vous avez déjà de l’empathie pour le monde naturel et pour les gens. Et nos bénévoles s’impliquent avec cette idée en tête.

Le développement de notre bassin de bénévoles passe notamment par le fait de faire prendre conscience aux gens qu’ils ne sont pas seuls dans cette aventure. C’est très encourageant pour les bénévoles de constater que d’autres personnes veulent faire bouger les choses. Cette solidarité est importante, et honnêtement, s’amuser l’est tout autant. Les personnes bénévoles peuvent inspirer les autres et être inspirées par leurs pair·es et les élèves.