Vous ressentez peut-être déjà les effets des changements climatiques. Cependant, avez-vous déjà réfléchi à l’impact de ces bouleversements sur les animaux et les plantes qui vous entourent?
Les changements climatiques touchent toutes les régions de la planète et l’ensemble des espèces vivantes. Ils transforment les habitats et les écosystèmes, et de nombreux animaux et plantes ont du mal à s’adapter.
- Chaleur extrême
Les animaux peuvent souffrir de déshydratation et de stress thermique pendant les périodes de chaleur, si bien que certains oiseaux de mer de l’Arctique meurent dans leur nid par temps ensoleillé.
Le réchauffement des eaux bordant la Grande Barrière de corail en Australie a provoqué cinq épisodes de blanchissement de masse depuis 2016. La chaleur pousse les coraux à libérer les algues colorées qui vivent dans leurs tissus et constituent leur principale source de nourriture. Sans elles, ils deviennent blancs et meurent lentement de faim.

- Phénomènes météorologiques extrêmes
Les changements climatiques ne se limitent pas aux températures plus élevées. Ils contribuent également à la montée des phénomènes météorologiques extrêmes. Les vagues de chaleur, les tempêtes, les inondations et les feux de forêt sont plus intenses qu’auparavant, mettant en danger les espèces sauvages.
À titre d’exemple, l’aggravation des pluies abondantes entraîne une augmentation des inondations, lesquelles endommagent les habitats du saumon du Pacifique et détruisent ses œufs. Et lorsque l’eau se retire, les saumons se retrouvent piégés dans des mares à l’écart des rivières.
Les feux de forêt constituent également une grave menace pour la faune. Lors d’un incendie, les espèces rapides et de grande taille peuvent s’enfuir en courant ou en s’envolant. Mais de nombreux animaux plus petits ou plus lents (comme les grenouilles, les tortues, les serpents et les petits mammifères) réagissent à la situation en se cachant. S’ils parviennent à survivre aux flammes, l’épuisement dû à la chaleur, le manque d’oxygène, l’inhalation de fumée et la déshydratation les placent en position de grande vulnérabilité.
Pour en savoir plus sur les phénomènes météorologiques extrêmes, consultez la page Vagues de chaleur, feux de forêt, tempêtes, inondations et changements climatiques : quel est le lien?
- Des cycles de vie décalés par rapport aux saisons
Les animaux se fient souvent à leur environnement pour prendre des décisions importantes, notamment pour savoir quand migrer ou se reproduire. Tout changement météorologique majeur est susceptible de modifier le rythme de ces étapes du cycle de vie.
Près des trois quarts des oiseaux vivant au Canada sont migrateurs. Certains arrivent désormais au pays plus tôt en raison des températures printanières plus chaudes. Les merles bleus arrivent 19 jours plus tôt qu’il y a 60 ans. Cela présente des risques : si cette espèce migre trop tôt, une tempête de neige tardive pourrait s’avérer fatale.
La reine bourdon de l’Ouest connaît le même problème. Des températures hivernales ou printanières plus chaudes peuvent la tirer de son hibernation trop tôt. Une vague de froid soudaine pourrait la tuer. Elle peut aussi mourir de faim si les plantes dont elle a besoin pour survivre ne sont pas encore en fleurs.
Les mésangeais du Canada restent ici tout l’hiver et n’hibernent pas. Ils dépendent de la nourriture, comme les baies et les insectes, qu’ils entreposent dans les arbres avant l’arrivée de la saison froide. Les températures plus chaudes gâchent ces réserves alimentaires. Si elles sont trop dégradées, les mésangeais ont moins d’œufs qui éclosent et des oisillons en mauvaise santé.

- Modification des habitats
Les phénomènes météorologiques extrêmes et la hausse des températures transforment les habitats des animaux, ce qui pousse certains d’entre eux à se déplacer. Une étude a révélé que de nombreuses espèces terrestres montent vers le nord à raison d’environ 16,9 kilomètres tous les 10 ans.
Il peut arriver que vous n’aimiez pas vos nouveaux voisins! Nous qualifions une espèce d’envahissante lorsqu’elle apparaît dans une région et y cause des dommages. Elle est susceptible de concurrencer les espèces indigènes en ce qui a trait à la nourriture, aux abris et aux habitats, de même que d’introduire de nouvelles maladies. Les hivers plus doux ont permis aux tiques du chevreuil (aussi appelées tiques à pattes noires) de se propager plus au nord et de rester actives plus longtemps, ce qui a rendu la maladie de Lyme plus courante dans des régions comme l’Ontario.
- Perte de biodiversité
Malheureusement, les espèces ne sont pas toutes capables de s’adapter aux changements climatiques ou de se déplacer vers un nouvel habitat. Un million d’espèces risquent de disparaître au cours des prochaines décennies, et ce en grande partie à cause des changements climatiques.
Ce déclin de la vie sauvage implique également une perte de biodiversité, c’est-à-dire l’incroyable variété des espèces sur Terre. La diversité biologique est essentielle à la vie sur cette planète. Les différentes espèces sauvages dépendent les unes des autres, se fournissant mutuellement abri et nourriture. Lorsque l’une d’entre elles disparaît ou que la taille de sa population change, cela a un impact sur les autres espèces et peut les mettre en danger.
Perte de biodiversité et changements climatiques : un cercle vicieux
Les changements climatiques nuisent à la vie sauvage et aggravent la perte de biodiversité. Mais saviez-vous que la perte de diversité biologique exacerbe également les changements climatiques?

La terre et les océans absorbent environ la moitié des émissions de dioxyde de carbone rejetées dans l’atmosphère par les humains. Nous perdons une partie de ce puits de carbone naturel lorsque nous détruisons les forêts, les mangroves, les tourbières ou les lits de varech. Et avec plus de dioxyde de carbone dans l’air, notre planète se réchauffe et le climat change plus rapidement.
Nous ne pouvons pas ralentir les changements climatiques sans résoudre la crise de la nature.
Nous pouvons commencer par protéger l’environnement au Canada, et vous pouvez demander à l’État de prendre des mesures plus ambitieuses. Le gouvernement canadien doit élaborer une loi forte sur la protection de la nature en collaboration avec les peuples autochtones, dont les connaissances sont importantes pour prendre soin des terres.