Rien n’est plus réjouissant que de voir un ou une journaliste démonter une affirmation trompeuse et dangereuse.

Le problème? Au moment où les faits sont rétablis, le mal est souvent déjà fait.

Des recherches ont montré que la mésinformation peut avoir un impact durable. Même lorsque les affirmations erronées sont rectifiées, elles continuent souvent à façonner la manière dont les gens perçoivent un enjeu.

Et si la façon la plus efficace de lutter contre la mésinformation n’était pas d’intervenir après sa propagation, mais de donner aux gens les moyens de la reconnaître avant d’y être exposés?

Voilà le principe sur lequel repose la démystification préventive (prebunking en anglais), l’approche proactive qui guide notre plus récente initiative : Inoculer contre la mésinformation dans la politique climatique canadienne.

Les stratégies de démystification préventive permettent aux gens de comprendre comment fonctionne la mésinformation. Elles s’appuient sur la théorie de l’inoculation psychologique, élaborée dans les années 1960 par le psychologue William McGuire, qui la décrivait comme un « vaccin contre le lavage de cerveau ». Tout comme la vaccination stimule la réponse immunitaire, l’inoculation psychologique renforce la capacité de l’esprit à résister aux tentatives visant à l’induire en erreur.

Laura Kenyon, gestionnaire de projet et coresponsable des programmes chez Greenpeace Canada, explique : « Il est plus important que jamais de dénoncer la désinformation qui cherche à induire les gens en erreur et à freiner la transition vers la sortie des combustibles fossiles, pourtant coûteux et nocifs. Or, au Canada, le discours dominant continue de qualifier les énergies fossiles de choix logique et de les présenter comme un gage de sécurité et de stabilité. »

Comment le FEGC agit-il en amont contre la mésinformation climatique?

Notre équipe surveille l’émergence de la mésinformation en ligne et intervient en diffusant des contenus percutants, conçus pour alerter le public avant que les faux récits ne gagnent du terrain. En étant exposés à l’avance à une « dose atténuée » d’allégations trompeuses, les gens sont davantage en mesure de les reconnaître et d’y résister par la suite.

Les résultats obtenus jusqu’à présent sont prometteurs. Les publications qui dénoncent et analysent la mésinformation rejoignent davantage de gens au-delà de nos publics habituels que nos messages de campagne traditionnels. Elles amènent également de nouvelles personnes à s’abonner à nos pages et amplifient la portée de notre message.

En aidant les gens à reconnaître les tentatives de manipulation, nous pouvons favoriser un débat public plus éclairé, fondé sur les faits, l’esprit critique et un engagement commun en faveur d’un avenir plus sûr et viable.

Comme le dit Laura : « À une époque où les raisons d’accélérer la sortie des combustibles fossiles n’ont jamais été aussi évidentes, il est essentiel de dénoncer les campagnes coordonnées qui alimentent la mésinformation et de donner aux gens les moyens de la reconnaître et d’y résister. »